LA NORVEGE NE DEMERITE PAS...
Après leurs titres en 2001 et 2005, les filles d’Evgueny Trefilov conservent la suprématie mondiale sur la planète handball. Comme il y a six ans, elles ont battu les Norvégiennes en finale (29-24). Cruelle déception pour la bande de Gro Hammerseng qui rêvait d’or mondial, après le sacre européen l’an dernier.
Le champion du monde en titre, face aux reines d’Europe, on ne pouvait rêver plus belle finale pour clotûrer ces mondiaux en France, qui ont battu des records d’affluence dans les salles.
Les Norvégiennes très rapides dans leurs montées de balle prennent les devants dès le début du match, sous l’impulsion de leur meneuse Gro Hammerseng (4 buts). Mais les Russes, solides en défense, obligent petit à petit la Norvège à passer sur les ailes. Et surtout leur gardienne Inna Suslina se montre époustouflante : elle multiplie les parades dont trois sur des tirs à 7m.
La Russie prend donc l’avantage après le quart d’heure de jeu (9-7), sur un échec de Gro Hammerseng à 7m. Puis, elle accentue son break grâce à Emilia Turey, son ailière très vive sur le côté gauche : 16-12 à la pause.
En seconde période, les Norvégiennes repartent de plus belle à l’assaut du but adverse, mais Inna Suslina, élue joueuse du match, continue à rester impériale dans ses cages. C’est alors que survient le tournant du match, la sortie sur blessure de Gro Hammerseng, l’âme de l’équipe scandinave, à la 42e minute.
Privée de sa meneuse, la Norvège ne parvient pas à trouver les solutions pour franchir l’impressionnante défense des Russes. Ni Gorril Snorroegen, bien moins efficace que d’habitude au tir de loin, ni Katja Nyberg, élue meilleure joueuse du tournoi ne peuvent renverser la vapeur.
Les Russes gardent leur avantage. Inna Suslina repousse encore les derniers espoirs norvégiens en sortant deux tirs à moins de trois minutes de la fin. Ce qui ne rassure pas pour autant Evgueny Trefilov, l’entraîneur russe, qui continue à vociférer sur ses joueuses, qui mènent pourtant de quatre buts à une minute de la fin. Comme un symbole, la gardienne russe repousse un dernier tir norvégien. C’en est fini des rêves de sacre mondial pour les double championnes d’Europe (2004, 2006). Pour la revanche, il faudra attendre les Jeux Olympiques de Pékin l’été prochain, pour lesquels les deux équipes sont qualifiées.
Déclarations :
Evgueny Trefilov (entraîneur russe) : "Les deux équipes se connaissaient bien. Je suis fier d’avoir gagné contre les championnes d’Europe 2006. Je pense que ce qui fait notre force, c’est notre banc : je peux faire tourner l’effectif, j’ai deux équipes types. 3 titres de champion du monde ? Je ne ressens rien de particulier pour l’instant, demain je réaliserai mieux."
Marit Malm Frafjord (Norvège) : "Je suis déçue pour le moment. Ce n’est jamais drôle de perdre, mais peut-être que j’apprécierais cette médaille plus tard. Par rapport à notre victoire de la semaine passée à Metz, notre défense n’a pas été aussi bonne et nous avons fait plein de petites erreurs. A chaque fois que nous jouons contre la Russie, ce sont des matchs durs, des fois elles gagnent, des fois on gagne. Je pense qu’on a été par moment malchanceuses et à d’autres nous avons manqué de concentration."
Katja Nyberg (Norvège) : "C’est le bonheur qui prédomine, la Russie était juste meilleure dans tous les compartiments de jeu. Leur défense était plus forte, leurs attaques plus rapides. Je ne pense pas que la sortie de Gro Hammerseng ait changé quelque chose, la Russie était trop dominatrice. Personnellement, je suis très honorée d’avoir été nommée meilleure joueuse du tournoi."
Linn Kristin Riegelhuth (Norvège) : "On avait mieux joué le match précédent, c’est dommage pour nous car on a fait un bon championnat. C’est dommage aussi pour notre public. L’argent ce n’est pas si mal, on est quand même la deuxième meilleure équipe du monde."
Publié dans : fshb
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Par Chérif NDIAYE
Mardi 18 décembre 2007
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